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1 Ecole et Observatoire des Sciences de la Terre, UMR 7516, Strasbourg, France.
2 Géosciences Rennes UPR 4661, France.
3 Laboratoire de Géophysique Interne et de Tectonophysique, UMR 5559, Grenoble, France. Manuscrit
Abstract
La chaîne hercynienne est un objet majeur en Europe. Elle résulte de la collision de deux blocs continentaux durant le Paléozoïque. Le Massif armoricain présente lintérêt de navoir été affecté par aucun événement tectonique ou thermique majeur depuis la fin de la collision (
260 Ma). Nous y avons donc lopportunité détudier la structure profonde dune ancienne chaîne de collision. Les principaux traits géologiques du Massif armoricain sont les zones de cisaillement nord- et sud-armoricaines, orientée respectivement E-W et NW-SE. Elles séparent le massif en trois domaines : les domaines nord-, centre- et sud-armoricain.
Dans le but détudier la structure profonde de cette région, des réseaux sismologiques temporaires ont été installés en 1997 et 1999 dans le cadre du volet sismologique du projet ARMOR2-GéoFrance3D. Les stations temporaires, complétées par les sites permanents forment un réseau bidimensionnel dense de 80 stations couvrant une grande partie du Massif armoricain. Les données collectées durant ces expériences sont exploitées sous la forme dun ensemble de temps darrivées dondes P et de formes dondes S télésismiques. Les méthodes utilisées pour limagerie du manteau supérieur sous le Massif armoricain consistent en la modélisation des variations de vitesse des ondes P et de lanisotropie sismique. La tomographie de vitesse sismique est probablement loutil le plus performant pour étudier lintérieur de la Terre. Elle fournit des images structurales des régions étudiées sous la forme de perturbations de vitesse sismique qui représentent les effets de perturbations thermiques et/ou minéralogiques des milieux. Les études de laboratoire et les modélisations numériques montrent enfin que lanisotropie sismique des roches du manteau supérieur reflètent lorientation préférentielle des réseaux cristallins des grains dolivine, représentant ellemême la fabrique tectonique de la roche, témoin des déformations passées, anciennes ou récentes.
Un modèle de vitesse des ondes P a été calculé, il procure les images des perturbations de vitesse jusquà la profondeur de 200 km. Dans la partie supérieure, jusquà 130 km, les images sont dominées par des vitesses élevées dans les régions de louest du massif et par des vitesses faibles dans les régions du sud et de lest. Aucune structure superficielle nest corrélée à la frontière N-S entre les anomalies dans la partie centrale du Massif armoricain. Dans la partie inférieure du modèle (130200 km), on observe un brusque changement de lorganisation de limage. Les perturbations de vitesse sont organisées selon trois zones allongées dorientation NW-SE. Le domaine central, caractérisé par des vitesses élevées est séparé du domaine sud par une limite dont la localisation et lorientation correspondent à celles de la Zone de cisaillement sud-armoricaine en surface. La limite nord du corps rapide central est localisée 50 à 70 km vers le nord et montre la même orientation. A toutes les profondeurs, on observe que le sud du Cisaillement sud-armoricain, cest-à-dire le domaine sud-armoricain, est caractérisé par des anomalies négatives. Le Cisaillement nord-armoricain ne montre aucune corrélation avec le modèle de vitesse.
Au contraire, lanisotropie des ondes Pn est fortement corrélée à la direction du Cisaillement sud-armoricain dans le sud du massif et à la direction du Cisaillement nord-armoricain dans le nord du massif. Cette corrélation nest pas observée pour les onde SKS qui montrent une direction rapide NW-SE à travers tout le massif. Cependant, on distingue 2 groupes de mesures : au sud, le délai moyen est de 1,25 s alors quau nord, il est de 0,8 s. En supposant un taux danisotropie de lordre de 3 %, ces valeurs correspondent à des épaisseurs de lordre de 120 et 80 km, respectivement. De plus, une modélisation tridimensionnelle de la biréfringence des ondes S permet dexpliquer les données du nord du massif par un milieu à symétrie hexagonale dont le plan de symétrie (la fabrique) est incliné vers le SW. Dans le sud du massif, un plan de symétrie vertical satisfait les observations.
Ces résultats montrent que lobjet géologique majeur de cette région est le Cisaillement sud-armoricain dont on peut suivre la trace depuis la croûte jusquà la base du modèle à 200 km. Au contraire, le Cisaillement nord-armoricain semble affecter au plus le manteau sommital où se propagent les ondes Pn.
Les contrastes de vitesse sont assez élevés : plus de 5 % sur des distances de lordre de 30 km. Ces perturbations de vitesse sont associées au dernier événement tectonique majeur, la collision hercynienne qui sest terminée il y a plus de 250 Ma. Dans ce cas, ces variations de vitesse sismique ne peuvent être expliquées exclusivement par des anomalies thermiques. Il est nécessaire de considérer une contribution minéralogique forte.
Les images tomographiques et les mesures danisotropie sont interprétées comme la conséquence dun assemblage de deux lithosphères dont les origines sont différentes. Dans le nord de la Bretagne, les perturbations mineures de la vitesse des ondes P, les délais faibles et la structure inclinée de la fabrique lithosphérique caractérisent une lithosphère affectée par des événements pré-hercyniens, probablement liés à lorogène Cadomien (650540 Ma).Dans le centre et le sud de la Bretagne, limage tomographique est interprétée comme la signature de la subduction à vergence nord qui a eu lieu avant la collision continentale. Les vitesses sismiques élevées représentent alors probablement un bloc de lithosphère subductée. Enfin, lanisotropie mesurée dans le sud du Massif armoricain est attribuée au régime transpressif intense du Carbonifère au niveau de la zone du Cisaillement sud-armoricain.
Key Words: Collision hercynienne Massif armoricain Tomographie sismique Anisotropie sismique Domaines lithosphériques
This article has been cited by other articles:
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M. Brown Synergistic effects of melting and deformation: an example from the Variscan belt, western France Geological Society, London, Special Publications, January 1, 2005; 243(1): 205 - 226. [Abstract] [PDF] |
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T. JOHNSON and M. BROWN Quantitative Constraints on Metamorphism in the Variscides of Southern Brittany--a Complementary Pseudosection Approach J. Petrology, June 1, 2004; 45(6): 1237 - 1259. [Abstract] [Full Text] [PDF] |
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C. Gumiaux, S. Judenherc, J.-P. Brun, D. Gapais, M. Granet, and G. Poupinet Restoration of lithosphere-scale wrenching from integrated structural and tomographic data (Hercynian belt of western France) Geology, April 1, 2004; 32(4): 333 - 336. [Abstract] [Full Text] [PDF] |
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