Bulletin de la Societe Geologique de France; September 2005; v. 176; no. 5;
p. 457-466; DOI: 10.2113/176.5.457
© 2005 Societe Geologique de France
Palynofaciès et nannofossiles calcaires du Kimméridgien supérieur du Sud-Est du bassin de Paris
Fabienne Giraud1,
Bernard Courtinat1,
Jean-Pierre Garcia2,
François Baudin3,
François Guillocheau4,
Gilles Dromart1,
François Atrops1 and
Claude Collete5
1 Unité de formation et de recherche des Sciences de la Terre, UMR 5125 du CNRS, Université Claude Bernard Lyon 1, 69622 Villeurbanne cedex, France, Correspondance: bernard.courtinat{at}univ-lyon1.fr
2 Centre des Sciences de la Terre, UMR 5561 du CNRS, Université de Bourgogne, 21000 Dijon, France
3 Département de Géologie Sédimentaire UMR 5143, Université Pierre et Marie Curie, 75252 Paris cedex 05, France
4 Géosciences-Rennes, UMR 6118 du CNRS, Université de Rennes 1, 35042 Rennes cedex, France
5 Association Géologie Auboise, 11 rue du 11 Novembre, 10300 Sainte-Savine, France
Les membres des Calcaires blancs supérieurs et des Marnes à exogyres supérieures du bassin de Paris, datés du Kimméridgien supérieur ont été examinés pour leurs palynofacies et les nannofossiles calcaires. La succession des deux membres montre une alternance de calcaires et de marnes qui représente un paléoenvironnement marin peu pro-fond. Les Calcaires blancs supérieurs, le membre inférieur, est interprété comme un paléoenvironnement très proximal (paléobathymétrie = 5 à 10 m), dans lequel prédominaient les tempêtes et dont la salinité était parfois faible. La relative richesse des phytoclastes bruns observée dans ce membre, argumente pour une bonne préservation qui serait liée au développement de conditions marines restreintes. Ces conditions restreintes expliqueraient la nette dominance de Cyclagelosphaera margerelii dans les assemblages de nannofossiles calcaires. Les données palynologiques et les assemblages de nannofossiles montrent de fortes variations des Calcaires blancs supérieurs aux Marnes à exogyres supérieures. La prédominance des phytoclastes bruns par rapport aux phytoclastes noirs, la présence de matière organique amorphe (MOA) et les plus fortes abondances et diversité observées dans les assemblages de nannofossiles suggèrent que le maximum de distalité est atteint lors de cette transition (partie basale des Marnes à Exogyres supérieures).
Après cette transition, le membre des Marnes à Exogyres supérieures, qui présente de nombreuses tempestites souvent enrichies en débris coquilliers, correspond à un milieu plus profond que celui du membre précédent (paléobathymétrie probablement entre 10 et 40 m). Des conditions oxydantes de dépôts ont prévalu et sont à lorigine de labondance des phytoclastes noirs, tandis que la forte proportion des kystes de dinoflagellés proximates, et celle des coccolithes non-placolithes plaident en faveur dune meilleure communication avec la mer ouverte. Vers le sommet de la coupe, le retour à des conditions restreintes déjà rencontrées dans la partie inférieure est reflété par la présence de MOA et le pic dabondance de Biscutum ellipticum. Cette étude montre que les enregistrements des signaux micropaléontologiques peuvent être de bonne qualité dans de vastes domaines lagunaires. Le niveau de la mer a paramétré les associations de microfossiles analysées mais ce facteur nest pas unique ni majeur. Dans des environnements très peu profonds, comme celui qui est analysé, les paramètres salinité, oxygénation et nutriments sont particulièrement fluctuants, surtout lorsque les eaux douces diluent les eaux marines en surface, à loccasion de périodes pluvieuses ou bien en raison de périodes dintenses arrivées deaux continentales.
Key Words: Palynofaciès Nannofossiles calcaires Kimméridgien supérieur Bassin de Paris Dépôts marins peu profonds Paléoenvironnements
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