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1 Faculté Polytechnique, 9 rue de Houdain, 7000 Mons, Belgium. francis.robaszynski{at}fpms.ac.be
2 26 rue de Nottingham, 62100 Calais, France and Université de Bourgogne, UMR 5561, CNRS, Biogéosciences, France
3 Facultad de Ciencias de lUniversidad, Geologia, Campus de Teatinos, 29071 Málaga, Spain
Cinq points principaux sont lobjet de la présente contribution.
– Les critères proposés pour la détermination correcte du foraminifère planctonique index de la base du Cénomanien : Thalmanninella globotruncanoides (SIGAL). Lespèce index a été proposée au symposium de Bruxelles en 1995 [Tröger and Kennedy, 1996], avec le mont Risou comme GSSP, ratifié en 2002 [in Ogg et al., 2004, p. 362]. Les rotaliporides sont abondants, tant dans les « Marnes bleues » du SE de la France (Téthys Nord) que dans les marnes Fahdène de Tunisie (Téthys Sud). Le groupe est subdivisé actuellement en trois genres : Pseudothalmanninella, Thalmanninella et Rotalipora [González-Donoso et al., 2007]. Dans le genre Thalmanninella, dès lAlbien supérieur, deux lignées morphologiques (biconvexe à spiroconvexe et ombilicoconvexe à cylindrique) se sont différenciées puisque des formes intermédiaires entre ces lignées sont très rares (figs 2 et 3). Lespèce Th. globotruncanoides (SIGAL) dérive de son ancêtre Th. caroni (ION). Chaque loge des individus de lespèce globotruncanoides montre une carène périphérique très nette qui se divise en deux, délimitant une « anterior face » [Eicher, 1973] correspondant à une surface en forme de triangle allongé, bien visible à la partie antérieure de la dernière loge. A la face spirale, une branche de la carène donne une suture en relief entre des loges pétaloïdes tandis quà la face ombilicale, lautre branche se joint au bourrelet périombilical et donne une suture arquée à sigmoïde en relief (ressemblant ainsi à celles dune Globotruncana, doù son nom), mais parfois moins saillante entre les dernières loges. Par ailleurs, quand le développement dune loge cache la branche ombilicale de la loge précédente, la présence dune « anterior face » sur la dernière loge est certainement le meilleur critère pour séparer Th. globotruncanoides des autres formes plus primitives, dont Th. caroni.
Lespèce prédécesseur Th. caroni ressemble beaucoup à Th. globotruncanoides sauf quelle na pas d« anterior face » sur les dernières loges et que les sutures à la face ombilicale sont en relief seulement entre les premières loges du dernier tour. Les sutures entre les dernières loges restent radiales et déprimées. On comprend ainsi que, dans une évolution anagénétique, des intermédiaires existent entre des stades successifs et quil ne soit pas toujours commode de tran-cher entre lune et lautre espèce. De telles observations laisseraient à penser que Th. globotruncanoides nest pas une bonne espèce pour marquer la base de létage Cénomanien.
Toutefois, ces constatations pourraient sappliquer à beaucoup de limites détages marquées par la première occurrence dun marqueur paléontologique sachant que chaque espèce représente aussi très généralement un stade dans une lignée évolutive, précédé de nombreuses formes intermédiaires.
Lémergence de Th. globotruncanoides telle que définie ici a été notée dans les coupes de référence de la région de Kalaat Senan, en Tunisie centrale, en KZ 13,2, en SMA 92 (avec des formes intermédiaires entre Th. caroni et Th. globotruncanoides en SMA 87, indiquées " cf. globotruncanoides " dans la fig. 6) et au mont Risou (niveau -36).
– Les zones dammonites autour de la limite Albien (Vraconnien)-Cénomanien dans la Téthys Sud. Six zones sont actuellement reconnues en Tunisie centrale, avec une limite Albien-Cénomanien se situant vers la base du tiers supérieur de la zone à Stoliczkaia (Shumarinaia.) africana, soit, du haut vers le bas :
La zone à St. (Sh.) africana est ainsi définie entre les dernières M. (S.) perinflatum et les premières Graysonites, Hypoturrilites, Sciponoceras et Mantelliceras. Dans la Téthys méridionale, elle remplace la zone à Arrhaphoceras (Praeschloenbachia) briacensis (définie en Téthys septentrionle par Scholz en 1973 comme le même intervalle, sans Mortoniceras ni Cantabrigites) dont lindex est un hoplitidé absent en Téthys méridionale tandis que lespèce africana est fréquente et largement distribuée. La partie supérieure de la zone est dâge cénomanien basal par la présence de Th. globotruncanoides.
– Les genres dammonites Graysonites et Utaturiceras. Ces ammonites navaient jamais été citées auparavant en Afrique du Nord dans les associations du Cénomanien inférieur alors que lune ou lautre sont connues du Texas aux Indes en passant par la Californie, le Mexique, le Brésil, lEspagne, Madagascar et le Japon.
– Les bioévénements à proximité de la limite Albien (Vraconnien)-Cénomanien. Entre la Téthys Nord (mont Risou) et la Téthys Sud (Tunisie, KZ), plusieurs bioévénements relatifs aux ammonites, foraminifères planctoniques et nannofossiles permettent de bien cerner cette limite comme le montre la dernière figure. A remarquer que le foraminifère planctonique Planomalina buxtorfi (GANDOLFI), considéré comme uniquement albien au mont Risou, a été trouvé jusque dans la deuxième zone dammonite du Cénomanien inférieur en Tunisie, confirmant ainsi, par exemple, les observations de Sigal à Madagascar [in Collignon et al., 1979].
– Le Vraconnien. De nombreuses coupes dans le monde montrent de fortes épaisseurs (allant jusquà 334 m à Marcoule) pour une entité comprenant trois zones dammonites dont les index sont les suivants : Mortoniceras (Mortoniceras) fallax à la base, puis Mortoniceras (Subschloenbachia) perinflatum et Stoliczkaia (Shumarinaia) africana vers le haut (dont lextrême sommet est Cénomanien). Ces épaisseurs sont même parfois plus grandes que celles de lAlbien s.s. En outre, le Vraconnien coïncide avec un événement eustatique de 3ème ordre superposé à un pic de transgression de 2ème ordre au cours duquel des biotas marins se sont énormément développés et diversifiés (interprétation différente de celle de Jacquin et al. [1998, p. 405] qui considèrent que la régression eustatique fini-albienne seffectue dès la zone à M.(M.) fallax alors que pour Amédro [2002, p. 42], la régression se marque vers le sommet de la zone à M.(S.) perinflatum). La durée du Vraconnien étant estimée à 2,4 Ma ± 0,2 [Fiet et al., 1998] la réhabilitation de létage permettrait aussi de réduire dautant la durée dun Albien excessivement long puisquil mesure actuellement près de 13 Ma.
Key Words: Albien-Cénomanien Vraconnien Foraminifères planctoniques Ammonites Sud de la France Tunisie
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