Bulletin de la Societe Geologique de France; November 2008; v. 179; no. 6;
p. 593-603; DOI: 10.2113/gssgfbull.179.6.593
© 2008 Societe Geologique de France
Le Cénomanien supérieur-Turonien de lAtlas saharien (Algérie)
Danièle Grosheny1,
Fettouma Chikhi-Aouimeur2,
Serge Ferry3,
Fatiha Benkherouf-Kechid1,
Mohamed Jati2,
François Atrops3 and
Wassila Redjimi-Bourouiba1
1 Université Louis Pasteur, Strasbourg 1, EOST, UMR7561, 1 rue Blessig, F67084 Strasbourg (grosheny{at}illite.u-strasbg.fr)
2 Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumédienne, Département de Géologie, Bab Ezzouar, Algiers, Algeria (fet_Aouimeur{at}yahoo.fr)
3 UMR 5125 PEPS, CNRS, France; Université Lyon 1, Campus de La Doua, Bt. Géode, 69622 Villeurbanne cedex, France (serge.ferry{at}univ-lyon1.fr)
Une douzaine de coupes levées dans les massifs des Ouled Nail, du Hodna et de lAurès permettent de décrire lévolution paléogéographique particulière de ce domaine situé sur la flexure nord-saharienne, au moment de la crise de la limite Cénomanien-Turonien. Trois périodes sont distinguées. Au cours de la première (Cénomanien moyen-supérieur p.p.), une paléogéographie globalement de rampe sétablit entre la plate-forme saharienne et le domaine plus profond de lAtlas saharien. La seconde période couvre le passage Cénomanien-Turonien (C/T). Elle est marquée par un changement paléogéographique très net. Juste avant le dépôt des black shales de la limite C/T, une élévation modérée du niveau marin relatif se produit. Les carbonates de plate-forme sont localement capables daccommoder cette élévation. Il en résulte une paléogéographie particulière faite des plates-formes carbonatées isolées, séparées par des ensellements où se dépose, en équivalent latéral de faciès, une couche de calcaires fins de 15 mètres à moins dun mètre dépaisseur selon les endroits. A plus grande échelle, ces ensellements ont pu constituer des corridors assurant la communication des bassins intra-sahariens de même âge (Tinrhert, Tademaït) avec la Téthys. Nos corrélations montrent que les black shales qui terminent cette seconde période se sont déposés uniquement dans ces ensellements quils remplissent totalement, avant le retour à une sédimentation marneuse généralisée au cours du Turonien inférieur. Au cours de la période suivante, couvrant le reste du Turonien, seffectue la restauration dun profil globalement de rampe orientée sud-nord, avec les carbonates de plate-forme progradant et rétrogradant régulièrement sur ce profil. Les corrélations effectuées avec la coupe de référence de Kalaat-Senan en Tunisie du Nord suggèrent que la couche de calcaire fin du Cénomanien terminal de lAtlas saharien, sous les black shales, et dont lépaisseur diminue de lAurès vers le bassin du Mellègue, soit un équivalent latéral du banc calcaire (« pré-Bahloul ») qui surmonte la formation Fahdène et précède linstallation du faciès Bahloul en Tunisie. Dans ce cas, la base de cette couche calcaire na pas la valeur régionale dune limite de séquence de type II comme il a été anciennement proposé mais au contraire une valeur de surface de transgression. Nous proposons également de corréler cette couche calcaire avec le banc 63 de la coupe de référence de Pueblo dans le bassin intérieur nord-américain où ce banc marque également le début de la transgression, après le dépôt des shales de Hartland.
Key Words: Algérie Cénomanien Turonien Limite C/T Anomalie en
13C Black shales Stratigraphie séquentielle Paléogéographie Corrélations à grande distance
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