|
|
|
|||||||||||||||||
| JOURNAL HOME | HELP | CONTACT PUBLISHER | SUBSCRIBE | ARCHIVE | SEARCH | TABLE OF CONTENTS |
1 Dept. Paleontologia, Fac. CC.Geológicas, Universidad Complutense de Madrid, 28040 Madrid (Spain). lopezmar{at}geo.ucm.es
Les difficultés et les obstacles de la paléobiogéographie et de la biogéographie historique rencontrés dans la longue et stérile recherche des centres dorigine ou d« aires ancestrales » des espèces ont amené certains auteurs à abandonner ce concept non-scientifique. Les méthodes qualitatives et quantitatives utilisées pour repérer les aires dorigine des espèces sont confrontées à de sérieuses difficultés du fait des nombreuses hypothèses non vérifiées sur des probabilités ou des directions de dispersion. Aucun centre dorigine daucune espèce na jamais été documenté, sauf lorsquils ont été rapportés à de très vastes régions (des continents ou des océans entiers). De nombreux auteurs ont renoncé à leur recherche. Ces difficultés sont ici considérées comme un signal, et non pas du bruit de fond, pour reconnaître des « patterns » cohérents dans lhistoire biogéographique des lignées.
On assume couramment que dans lhistoire paléobiogéographique des espèces on doit trouver généralement des processus graduels dapparition et dextinction. Ce modèle symétrique dans le temps est ici remis en question et un modèle alternatif, asymétrique dans le temps, est proposé pour lhistoire des espèces. Selon notre modèle, les processus dapparition et dexpansion des espèces seraient beaucoup plus rapides, courts et imprévisibles que les processus dextinction, généralement lents, longs et prévisibles parce que précédés graduellement par des signes de diminution progressive par paliers de laire de distribution. Des monitorages despèces envahissantes, des floraisons instantanées en temps réel du plancton, et des épisodes de migrations coordonnées illustrent la rapidité de lexpansion des espèces qui se comportent comme des structures dissipatives. Le « cycle du taxon » des espèces insulaires sensu lato, qui voient leurs aires de distribution se réduire à mesure de leur différentiation, montre aussi la grand vitesse dapparition de nouvelles espèces et leur lent processus dextinction. Les espèces insulaires ne sont pas capables dexpansion sur des vastes aires ; les îles ne servent donc pas de centre dorigine ou de source despèces qui pourraient se disperser par la suite. Au contraire, elles sont des puits despèces qui vont séteindre comme prévoit le modèle asymétrique.
Le modèle biogéographique asymétrique est testé sur deux jeux de données : (i) des données paléobiogéographiques despèces de mammifères du Vieux Monde qui montrent la rapidité de lexpansion des espèces nouvelles sur des vastes aires, empêchant à la fois de reconstruire leur parcours paléobiogéographique et de connaître leur lieu dorigine. Cette rapidité dexpansion contraste avec léchelonnement de lextinction des espèces en déclin, qui permet de suivre leur parcours paléobiogéographique et signaler avec précision leur centre dextinction; et (ii) des données biostratigraphiques, qui montrent la préférence habituelle des biostratigraphes pour les événements dapparition des espèces (FADs = first appearance datum) pour fixer des limites géochronologiques aussi brèves que possible, au lieu des événements dextinction (LADs = last appearance datum) généralement considérés plus fréquemment diachrones.
Notre modèle asymétrique de lhistorie biogéographique des lignées, déjà détecté par Darwin, rejoint beaucoup dautres observations. Lasymétrie dans le temps est un phénomène commun dans la nature indicant que cette asymétrie pourrait être une propriété générale du Temps luimême.
Key Words: Paléobiogéographie Espèces Origine Extinction FAD LAD Temps
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| JOURNAL HOME | HELP | CONTACT PUBLISHER | SUBSCRIBE | ARCHIVE | SEARCH | TABLE OF CONTENTS |